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L'exploitation débuta probablement vers 1797 (PICTET 1822)
et se prolonga activement jusqu'au milieu du XIXème. Elle continua de
manière plus sporadique durant le dernier tiers du XIXème et s'achèva
finalement à la veille de la Première Guerre mondiale. A cette
époque, elle était exploitée par l'entreprise Del Marco de Lausanne
(la Boussole No 35).
C'est à l'américain Boyle en 1872 puis au suisse Pictet
en 1874 que l'on doit l'invention du système de réfrigération préludant
l'apparition du frigidaire en 1918 qui mettra un terme à l'exploitation
des glaces naturelles. A cette époque, tout le monde ne possèdait
pas encore de frigo et quelques villageois venaient encore s'approvisionner
en glace pour leur usage personnel ou pour les fêtes de village.
Location de la glacière
La glacière de Saint-George fut essentiellement louée par
des paysans ou par des tenanciers d'auberges. Elle était généralement
louée au plus offrant. Le prix de location serait modeste d'après BROWNE
(1865) et reviendrait à six ou sept cent francs pour neuf années d'exploitation.
En 1854, M. Emery, le locataire en question demanda une réduction du prix.
La municipalité la lui accorda et la glacière lui revint à 30 frs par
année.
Accès à la glacière
Jusqu'en 1903, on accèdait à la glacière par des sentiers. Fortement pentus
par endroits, ces lançoirs, dans le jargon du forestier servaient à faire
glisser les troncs. Une route forestière fut finalement construite du
village de Saint-George à la route du Marchairuz en passant par le pâturage
du Pré de Rolle au début du XXe siècle.
Aménagements
L'exploitation s'effectua d'abord par l'orifice oriental.
Des échafaudages en rondins de bois, des plates-formes et des échelles
en facilitaient l'accès. Suite à un glissement de la masse
de glace, ces premières installations s'effondrèrent. L'accès
fut alors aménagés par le deuxième orifice, probablement
au milieu du XIXe siècle avec deux plates-formes en bois et trois
échelles. Tout était construit sur place. Les longues perches
étaient en sapin, les pachons (échelons) en épicéa;
les perches étaient simplement équarries, les finitions
grossières.
Origine de la glace
La glace étaient essentiellement extraite du plancher, parfois
d'une paroi englacée. Le plancher, qui mesure environ 23 mètres
de long sur 10 de large fut principalement exploité au début
du XIXe siècle (PICTET 1822, THURY 1861) alors que la paroi, plus
facilement exploitable constitua la source principale de la deuxième
moitié du XIXe siècle (BALCH 1900).
Quantité de glace extraite
La surface exploitable était plutôt modeste comparativement
à d'autres glacières et surtout aux autres ressources en
glace. Du reste St-George ne fournit que 70 tonnes de glace par année
en moyenne. A titre de comparaison, 300 tonnes de glace étaient
parfois extraites de la glacière de Chaux-les-Passavant, 600 tonnes
aux glaciers des Bossons et d'Argentière en France (MARTIN 1997)
et 35'000 tonnes à la Vallée de Joux. Mais pour la cavité
en question, 70 tonnes par année restent considérable.
Extraction
PICTET (1822) nous livre un descriptif de l'extraction au sein de la caverne:
| "L'extraction exige le même savoir-faire
que celle d'une carrière: on la taille avec des outils appropriés,
en longs sillons coupés de pied en pied par des tailles transversales
assez profondes pour que le bloc, d'environ un pied cube, se détache
aisément. On en exploite ainsi un certain nombre pendant deux à trois
heures de travail, puis on les porte un à un dans des hottes jusqu'à
un entrepôt voisin où des chars viennent les charger". |
Transport
Jusqu'en 1903, le transport était effectué par des mulets
jusqu'à la Charbonnière, où des chars attelés
de chevaux prennaient le relais. Durant les meilleures périodes,
un entrepreneur utilisait plus de 60 chevaux pour assurer le transport
des chariots destinés à la ville de Lausanne (PITTARD 1940).
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Transport de la
glace sur des chars (GODIN 1998)
Contrairement à cette
illustration, on ne choisissait ni la nuit, ni même des journées
particulièrement fraîches pour transporter la glace
(BROWNE 1865). On l'enveloppait simplement dans des sacs de sciure
pour minimiser la fonte. La glace pouvait alors se conserver plusieurs
jours durant. |
Clientèle
La glace était essentiellement destinée à des particuliers
au début du XIXe siècle. Par la suite, elle fut envoyée
à Lausanne et Genève.
On apprend par PICTET (1822) les faits suivants
| "Le paysan ne fournit de la glace qu'aux propriétaires, en
assez petit nombre qui passent l'été à Rolle et dans un rayon de deux
lieues autour de la glacière; mais, dans les années où, comme dans
celle-ci, l'hiver n'a pas fourni de quoi remplir les glacières artificielles,
Genève, quoique distante de huit à neuf lieues, a recours à ce supplément.
Cette circonstance se présente cette année pour la troisième fois;
elle eut lieu en 1818 et 1820. Il amène à Genève, pendant l'été, tous
les deux jours, environ vingt-cinq quintaux de glace, qu'il vend à
l'hôpital, privilégié pour la revente, qui est un des revenus de cet
établissement." |
Chaque fois que les glacières artificielles étaient
vides, hôpitaux et aubergistes avaient en principe recours à
la glace de St-George. Aussi petite soit-elle, cette glacière eut
donc toute son importance pour la région lémanique.
Mesures de protection
Pour minimiser la fonte estivale et garantir une quantité de glace
suffisante, les orifices étaient recouverts de branchages durant
l'été (PICTET 1822, THURY 1861). On apprend également
par BROWNE (1865) qu'une loi communale interdisait à tout étranger
de prélever de la glace dans la dernière moitié du
XIXe siècle.
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